Faire fructifier son patrimoine sans risque : mission impossible ?

Placer son patrimoine sans prendre de risques, quitte à toucher des rendements faibles ? Avec l’évolution des marchés, c’est un scénario de plus en plus improbable.

Comment faire fructifier son patrimoine

0,75 % d’intérêts par an sur un livret A. Environ 2 % sur un fonds en euros, avant impôts et prélèvements sociaux. 3 à 4 % sur un bien immobilier dont les loyers seront taxés à plus de 50 %… le placement tranquille, peu risqué et à rendement correct, est en voie de disparition. Trois phénomènes expliquent cette situation.

La baisse mondiale des taux d’intérêt

La baisse historique des taux d’intérêt est une aubaine pour les ménages qui empruntent pour acheter un logement. En revanche, c’est un bouleversement pour ceux qui se contentaient de placements « père de famille », à faible rendement mais sans risque.

Les taux sont devenus si faibles qu’avec l’inflation et l’imposition des intérêts, l’épargnant perd parfois de l’argent : même placé, son capital se dévalorise.

Plusieurs banques ont même envisagé d’appliquer des taux négatifs à leurs grands clients : ces derniers devraient payer pour leur confier des fonds !

L’aggravation des déficits publics

Contraints de limiter leurs déficits publics, les Etats multiplient les impôts et les taxes, notamment sur les revenus du patrimoine : intérêts et dividendes, revenus locatifs.

À titre d’exemple, les loyers sont soumis aux prélèvements sociaux (15,5 %) et à l’impôt sur le revenu, qui peut atteindre 45 % pour les ménages aisés. Il faut aussi déduire le montant de la taxe foncière, qui évolue partout à la hausse : les collectivités locales sont également en difficulté.

Au final, pour 100 euros de loyers perçus, le propriétaire ne conservera pas plus de 30 à 40 euros. Si son rendement locatif était de 4 %, il tombe à moins de 2 %.

La volatilité des marchés financiers

Les places boursières connaissent des fluctuations à la hausse et à la baisse (on parle de « volatilité ») de plus en plus fréquentes et violentes. Elles sont dues à l’incertitude économique et politique, à la nervosité des opérateurs, aux ordres de Bourse informatisés : une baisse déclenche automatiquement des ordres de vente qui accentuent encore la baisse.

Ces secousses augmentent le stress des épargnants : acheter ou vendre au mauvais moment peut leur coûter très cher. Mais elles n’améliorent pas les rendements !

Éviter le piège du placement-miracle

Cet empilement de difficultés ouvre des opportunités aux vendeurs de placements « exotiques » présentés comme sûrs et à haut rendement : œuvres d’art, grands vins, manuscrits anciens, voitures de collection, etc.

Il s’agit au mieux de placements aventureux, au pire d’escroqueries dont les auteurs sont passibles de poursuites.

Le discours qui les environne est rodé : une opportunité rare à ne pas ébruiter, un placement qui n’a que des avantages, des clients unanimement satisfaits, des rendements à 6 %, 8 % voire davantage sans aucun risque, etc.

Ces placements sont à proscrire. Ou à souscrire à toute petite dose, à titre de « placement plaisir », car les sommes investies supportent en réalité un très haut niveau de risque.

Quel est votre degré d’aversion au risque ?

En fin de compte, il faut accepter l’idée que rendement et risque sont plus que jamais indissociables.

Si vous ne tolérez aucune prise de risque, vous devrez accepter des rendements proches de zéro, voire une faible érosion de votre capital.

Si vous visez des rendements plus élevés, il faut investir sur des actifs qui ne garantissent plus votre capital de départ, en particulier les fonds actions (SICAV, FCP).

Chacun définira donc son dosage entre actifs sans risque et actifs exposés au risque : par exemple 50 % /50 % ou  80 % /20 %.

Pour les actifs exposés, il faut aussi définir une bonne allocation entre régions du monde, secteurs industriels, valeurs cycliques, valeurs de croissance, valeurs défensives. Une démarche très technique, mais à laquelle il devient difficile d’échapper.

Lisez aussi : Gérer son patrimoine, c’est préparer sa retraite

RETOUR AU SOMMAIRE
DU DOSSIER GESTION DE PATRIMOINE

Vous désirez un rendez-vous ?

AXIOS

dans votre région

04 50 66 56 58

contact@axios.fr