Dirigeants malades, vous n’êtes pas forcément inassurables

Un dirigeant touché par une longue maladie (cancer, accident cardiaque, diabète, infections virales) aura beaucoup de mal à modifier sa prévoyance ou à obtenir un financement personnel ou professionnel. Mais il existe des alternatives. Pourquoi ne pas les tenter ?

Vous aviez une bonne couverture prévoyance

Ne touchez à rien ! Si vous voulez changer d’assureur, vous devrez remplir un questionnaire médical. Si vous voulez changer de statut (de salarié à travailleur non salarié ou inversement), votre contrat prendra fin de lui-même et là encore, il faudra remplir un questionnaire médical.

Vous êtes condamné au statu quo. Mais vous pouvez vous féliciter d’avoir prévu le pire quand tout allait bien.

Vous aviez peu ou pas de couverture prévoyance

Votre accident de santé va vous inciter à mieux vous couvrir, vous et vos proches. Mais il faudra vous battre. Les étapes à suivre :

1. Interrogez plusieurs assureurs. Ils n’ont pas tous la même politique commerciale. Là où certains ne s’engagent pas, d’autres accepteront de vous couvrir ou de réévaluer vos garanties moyennant une surprime qui peut aller de 25 à 200%.

C’est cher, voire très cher, mais la porte reste ouverte. A vous de décider, selon votre situation personnelle et familiale.

2. Si vous êtes dirigeant travailleur non salarié (TNS) et que vos premières recherches ont été infructueuses, tentez de répartir les risques.

Un seul assureur ne vous suivra peut-être pas sur 400 000 euros en décès-invalidité. Mais quatre assureurs sur 100 000 euros chacun, c’est plus jouable. Pour autant, vous n’échapperez pas aux surprimes ou exclusions.

3. Si vous êtes dirigeant quasi-salarié et que votre entreprise propose déjà une prévoyance collective aux cadres, l’idéal est de rejoindre ce collège de cadres. Il n’y a pas de sélection médicale s’il compte au moins 6 membres (donc 5 avant votre arrivée), donc pas de refus ou de surprime à la clé.

En revanche, si le collège initial compte moins de 5 personnes, vous passerez par la sélection médicale. Et si l’assureur réclame une surprime, elle s’appliquera à tous.

4. Enfin, certaines professions et certaines conventions collectives offrent des contrats de prévoyance sans sélection médicale. Certains dirigeants pourront donc redevenir salariés pour bénéficier de ces avantages.

Trouver un financement malgré la maladie

Beaucoup de dirigeants qui sortent d’une longue maladie sont choqués par le refus des banques sur les prêts : ne pas pouvoir financer l’acquisition d’un bâtiment, d’une nouvelle machine ou d’une maison pour la famille, c’est renoncer à des projets majeurs.

Deux possibilités :

1. Interrogez plusieurs assureurs, comme pour la prévoyance, et ne vous découragez pas au premier refus. Tout en sachant que la surprime éventuelle pourra atteindre là aussi 200%.

2. Si vous êtes déjà très bien couvert en prévoyance, proposez à votre banquier une délégation : en cas de décès ou d’invalidité, le capital prévoyance remboursera le prêt. Cette solution a du sens si elle ne menace pas votre patrimoine : par exemple, si vous empruntez pour votre résidence principale (si vous disparaissez, elle sera payée), ou pour l’acquisition des murs de votre société.

Deux conseils pour éviter le parcours du combattant

• Si vous cherchez une prévoyance ou un prêt après l’accident de santé, ne vous lancez pas seul : c’est long, décourageant, il faut frapper aux bonnes portes, trouver la bonne information, encaisser des refus… Je mène plusieurs missions de ce type par an.

• Mieux vaut prévenir que guérir : souscrivez une prévoyance de qualité avant que l’âge ne vous expose fortement au risque de maladie. Ce risque monte en flèche à partir de 45 ans.

Emmanuelle Vanderschueren, Axios LyonEmmanuelle Vanderschueren, Axios


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