Bourse : pourquoi le fonds « super performant » est un piège

Si vous voulez gagner de l’argent en Bourse, cessez de chercher le fonds miraculeux qui fait 3 ou 5 % de plus que les autres. Un jour ou l’autre, il subira un retournement du marché. Pour faire fructifier votre patrimoine, mieux vaut diversifier vos actifs et miser sur la performance de plusieurs secteurs.

Les publicités boursières vendent du passé

« Notre fonds en euros a fait 3,85 % l’année dernière ». « SICAV X, 12 % par an depuis trois ans ». Les titres de la publicité boursière sont tournés vers leurs performances, surtout quand elles font rêver.

Les épargnants peuvent être tentés d’y croire. En oubliant la phrase obligatoire écrite en petits caractères : « les performances passées ne présagent pas des résultats futurs ».

Cette mention décrit une réalité sans cesse vérifiée des marchés boursiers : aucune classe d’actifs ne fait mieux que les autres de manière constante, sur plusieurs années. Et aucun expert de la Bourse n’est un devin.

Le gestionnaire de fonds qui prévoit tout n’existe pas

Avec le krach de 2008, les actions du monde entier ont dégringolé. Mais les obligations d’Etat se sont maintenues. Sept ans plus tard, en 2015, l’Europe est toujours à la traine et les valeurs américaines sont à leur plus haut historique. Qui l’avait prévu ?

Le même ballet agite les différents secteurs d’activité. Les valeurs cycliques comme l’automobile, les valeurs de rendement (Air Liquide…), les valeurs de croissance (haute technologie) suivent des tendances différentes et souvent imprévisibles. Qui avait vendu toutes ses valeurs technologiques avant l’éclatement de la bulle internet en 2001 ?

Et quel gestionnaire de fonds serait capable d’anticiper tous ces mouvements et toutes ces crises, pour en sortir à chaque fois en meilleure position que les autres ?

Diversifier avant de parler performances

Un peu de sérieux : un bon conseil en placements financiers vous parlera toujours diversification avant d’évoquer des performances.

Diversifier, c’est choisir plusieurs zones géographiques, plusieurs secteurs industriels, plusieurs types d’actifs (actions, obligations d’Etat, obligations d’entreprise, fonds en euros), le tout à doser selon votre degré d’acceptation du risque et votre objectif de gain.

J’y ajoute une conviction : miser sur des SICAV ou des fonds communs de placement, pas sur des actions détenues en direct.

Le risque propre à une seule entreprise me semble trop élevé : aucune n’est à l’abri de l’irruption d’un concurrent inattendu, d’un changement de réglementation, d’un scandale financier.

Qui avait prédit que Lehman Brothers, l’une des plus grandes banques d’investissement du monde, coulerait corps et biens en 2008 avec ses 26 000 salariés ?

Une performance moins élevée mais plus sûre

Diversifier, c’est accepter de répartir ses actifs et ses risques, au prix d’une performance moins élevée mais plus sûre.

Vous trouverez toujours un fonds « champion » dont le score dépassera celui de votre portefeuille. Mais quand vous connaîtrez ce score, il sera trop tard pour en profiter. Et rien ne garantit qu’il sera aussi bon l’année suivante.

Diversifier, ce n’est pas répartir ses actifs une fois pour toutes, au contraire : cette répartition doit être revue régulièrement, au rythme des mouvements des marchés, des entreprises, des événements internationaux.

Diversifier, c’est être adaptable, à l’écoute, réactif, prêt à remettre en cause les certitudes de la veille. C’est ce que j’essaie de faire depuis 15 ans pour mes clients.

Philippe Gaillard, Axios Annecy  Philippe Gaillard – Axios


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